L’ANC inquiète de la non-tenue d’un dialogue sur les réformes

Dans un courrier daté du 24 mars, signé de la vice-présidente, Me Isabelle Manavi Ameganvi, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) relance le Premier ministre Ahoomey-Zunu sur « la tenue rapide d’un dialogue politique permettant l’adoption consensuelle et la mise en œuvre des réformes politiques préconisées par l’APG ainsi que l’amélioration conséquente du cadre électoral. »

Copie de cette a été rendue publique ce 1er avril. La vice-présidente de l’ANC y rappelle la rencontre initiée par le Premier ministre, « le jeudi 13 mars 2014 et les jours suivants« , avec l’ANC et d’autres composantes de la classe politique togolaise pour « des échanges sur les questions liées au dialogue politique, en vue des réformes constitutionnelles et institutionnelles préconisées par l’APG. »

M. Arthème Ahoomey-Zunu a pris cette initiative après la rencontre Jean-Pierre Fabre – Faure Gnassingbé du 05 mars, concernant ces questions essentielles à la tenue de la présidentielle 2015. Une initiative qui est restée lettre morte depuis près d’un mois. L’opposition s’inquiète du silence du pouvoir, et l’ANC s’inquiète que les réformes soient renvoyées aux calendes grecques.

Dans sa lettre, le parti de Jean-Pierre Fabre joint ses propositions de réformes, et rappelle au Premier ministre «  la liste des points de réforme et d’amélioration du cadre électoral en discussions à l’OCDI en juillet 2013, à la veille des dernières élections législatives et toujours d’actualité« . Histoire de donner au Premier ministre matière sur laquelle travailler, si par hasard la Primature était à cours d’idées.

Côte à côte, M. Jean-Pierre Fabre, président de l'ANC, et son vice-président Me Isabelle Ameganvi
Côte à côte, M. Jean-Pierre Fabre, président de l’ANC, et son vice-président Me Isabelle Ameganvi

En réalité, malgré la volonté exprimée par l’ensemble de la classe politique pour la réalisation des réformes, les opinions restent divergentes et le pouvoir UNIR semble peu pressée de les réaliser. Les réformes sont recommandées par l’Accord politique global (APG) d’août 2006, mais elles attendent depuis 7 ans d’être votées et mises en oeuvre. Les collectifs Arc-en-ciel et Sauvons le Togo ont beau jeu d’accuser le pouvoir de faire du dilatoire pour retarder l’échéance des réformes avant la présidentielle qui aura lieu l’année prochaine.

 

Ce courrier de réclamation de la tenue d’un dialogue pouvoir-opposition est rendu publique en fin d’après-midi du 1er avril, alors que le matin,  le Président de l’Assemblée nationale Dama Dramani, au cours du discours inaugural de la première séance ordinaire de l’année, a déclaré que, loin des esprits de clocher, les réformes institutionnelles et constitutionnelles devraient avoir lieu sous le contrôle du parlement.

Les réformes portent sur la limitation et la durée du mandat présidentiel, et sur le cadre électoral.

 

 

 

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