Ecobank : la justice togolaise accorde un répit à Thierry Tanoh

Une réunion du conseil d’administration d’Ecobank prévue au siège de la banque, à Lomé au Togo le mardi 24 février, a été bloquée par une injonction d’un tribunal de la capitale togolaise, selon un administrateur de la banque, rapporte l’agence Reuters. Cette décision de la justice togolaise fait suite à une demande en référé, déposée par un des 600 000 actionnaires d’Ecobank, dont l’identité n’a pas été dévoilée, explique l’agence de presse.

Pour justifier ce référé, l’actionnaire en question a invoqué le fait que l’organisation de cette réunion du conseil d’administration, une semaine seulement avant l’assemblée générale extraordinaire du groupe, prévue le 3 mars prochain, serait préjudiciable pour les 600 000 petits actionnaires du groupe bancaire.

Leadership de Thierry Tanoh

Cette injonction de la justice togolaise devrait bénéficier au directeur général Thierry Tanoh, explique Reuters qui estime que cette réunion du conseil d’administration aurait pu avoir pour objet la remise en question de son poste à la tête du groupe bancaire. En effet, elle intervient dans le sillage de deux courriers envoyés par quatre des directeurs exécutifs d’Ecobank, demandant la démission du directeur général du groupe panafricain.

Une impression confirmée par l’ancien président d’Ecobank, Kolapo Lawson, amené à démissionner de son poste en octobre. Celui-ci a déclaré à Reuters, au cours du week-end du 21 février, que les opposants de Tanoh voulaient mettre à profit le conseil d’administration du mardi 25 février pour accélérer le vote au sujet du mandat du chef de l’exécutif actuel.

Une source proche des dirigeants de la banque a déclaré à l’agence de presse qu’il était peu probable qu’une nouvelle réunion soit convoquée le mercredi 25 février étant donné que certains membres du conseil d’administration ont déjà quitté Lomé.

Gouvernance

Ecobank , l’une des plus importantes institutions financières en Afrique subsaharienne, est en train de chercher à réformer sa gouvernance d’entreprise après des critiques émises notamment par la Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria.

Les actionnaires du groupe bancaire vont être amenés à voter le 3 mars sur les réformes en matière de gouvernance, parmi lesquelles la mise en place d’un conseil d’administration provisoire de sept membres. Les cinq membres du groupe de la direction siègent au conseil d’administration actuel, mais seulement Thierry Tanoh serait représenté au conseil d’administration provisoire.

Cap commun

Deux analystes, contactés par l’agence de presse, ont indiqué qu’ils étaient surpris que la conduite du conseil d’administration d’Ecobank puisse être bloquée du fait de la plainte d’un seul actionnaire. Cet état de fait constituerait, selon eux, un nouveau signe de faille dans la gouvernance dangereux pour la banque.

« La suspension de la réunion du conseil d’administration est préjudiciable à la définition d’un nouveau cap commun pour la banque. Toutes les luttes intestines doivent être réglées pour que la banque puisse aller de l’avant », a déclaré à Reuters Brian Mugabe, analyste chez Imara Africa Securities.

Source: Jeune Afrique

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